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Pathétique Sénégal !!

Posté par: Jean François Diene| Mardi 10 avril, 2012 01:34  | Consulté 1015 fois  |  0 Réactions  |   

Absent du Sénégal depuis le jour de la prestation de serment du président Macky Sall (pour un court séjour), j'ai pu suivre à travers le web sénégalais, l'évolution, depuis ce moment solennel, de la vie politique sénégalaise. 

Autant vous dire tout de suite, que c'est un sentiment de déception qui m'anime de prime abord, en tant que citoyen sénégalais désireux de voir son pays changer profondément au soir du 25 mars 2012. Cette déception est juste motivée par le gâchis qui est en train de s'opérer du fait d'une certaine classe politique, avide de postes et de sinécure, au point  de refuser de mettre ce qui vient de nous arriver dans son véritable contexte, c'est à dire un moment de forte communion populaire et non partisane. Gâchis? Oui! Parce que l'immense espoir créé par Nouvelle Alternance Sénégalaise (NAS) est en train  voler en éclats.  Dans l'Histoire des peuples, il est des moments essentiels qui structurent une nation et la soude à jamais. Les États Unis ont eu leur Guerre d'Indépendance, la France sa Révolution avec ses Trois Glorieuses, l'Afrique du Sud la fin de l'Apartheid. L'exemple de Turquie moderne incarné par un homme fabuleux, Moustapha Kemal Atatürk, vient nous renforcer dans l'idée selon laquelle toute nation se forge autour d'un idéal commun.   Au Sénégal, l'histoire de la lutte anticolonialiste menée par certains de nos héros nationaux, n'a pu être magnifiée comme il se devait, et il faudra d'ailleurs que nous demandions un jour des comptes à certains de nos politiciens et historiens qui ont préféré mettre en valeur des hommes et femmes dont le leadership n'a pas été assez puissant pour cimenter nos énergies populaires. Pour notre jeune nation, dès lors que le moment de notre indépendance n'a pas su galvaniser le sursaut national nécessaire à toute œuvre de construction nationale, il s'avère obligatoire de trouver un liant fort, capable de faire par exemple, que la nomination d'un ministre originaire de Thies soit perçu et vécu par l'habitant de Kolda, comme un acte à implication nationale et non tourné vers une quelconque aspiration régionaliste.  La première alternance démocratique vécue dans notre pays en Mars 2000, aurait pu marquer cet instant unique dans l'histoire de notre nation et constituer un terreau fertile pour notre volonté d'être un peuple soudé, marchant ensemble vers un mieux être et une vie meilleure pour tous. Au lieu de cela, nous avons assisté à un partage systématique du pouvoir entre des éléments d'une caste politico-affairiste intéressée par la seule satisfaction d'ambitions personnelles, laissant la grande majorité du peuple se débattre dans une misère indicible. Le plus grave, c'est que l'on a l'impression que tout le monde à trouvé normal que cela se passe ainsi et que rien n'est plus normal que le vainqueur d'une élection puisse se servir en signe de gratification plutôt que  servir ceux qui leur ont fait confiance. Douze ans après, nous voici à nouveau au seuil d'un nouveau processus alternatif et si nous ne prenons garde, nous risquons de vivre les mêmes travers et errements du passé. L'immense espoir suscité par l'avènement de la coalition Benno Bok Yakaar ne doit pas être déçu.  Le traumatisme de 2000 ne doit pas non plus nous amener à nous braquer systématiquement contre les nouveaux dirigeants. A peine formé, le gouvernement à fait l'objet de contestation subjective, non pas parce que l'on trouve incompétents ceux qui ont été nommés, mais parce que simplement certains absents croient devoir l'intégrer absolument. Si tous les sénégalais aptes à être ministres devraient l'être à tout prix, le stade Léopold Sedar Senghor n'aurait pas pu accueillir le conseil des ministres. Si on veut réellement servir son pays et non se servir, ministre ou pas, on a mille possibilités de le faire. Mais le drame encore une fois, c'est bien l'absence chez nos politiciens de cette grandeur d'âme, de cet altruisme qui fait que l'on puisse agir pour le bien de tous, sans exiger en contrepartie une quelconque position de faveur. Faut il en rester uniquement à ce stade de constat? Assurément non! Il nous faut proposer des solutions et nous battre pour les rendre au maximum.  Toutes les nations qui se sont développées ont, à un moment de leur histoire pris date. C'est cette prise de conscience du devoir de se développer, qui a pu fédérer des énergies toujours présentés en latence, mais pas toujours mis en exergue. Le rôle de la société civile, partout dans le monde a été déterminant dans l'émergence d'une nouvelle citoyenneté portée vers le progrès. Cela nécessite déjà une bonne éducation des populations, pas seulement des plus jeunes d'entre elles, mais même des plus âgés. L'effectivité de la loi sur l'obligation de scolariser tout enfant de l'âge de 6 ans jusqu'à 16 ans doit être vérifiée et contrôlée pour que les contrevenants soient punis comme il se doit en République. Enfin les média doivent veiller à promouvoir cette volonté de rupture d'avec les pratiques jusqu'ici observées : on ne peut pas tout le temps mettre en valeur des danseurs et autres comédiens de bas étages et les donner en exemple aux jeunes générations à qui la charge de perpétuer la grandeur de notre pays incombe. Il y a la quelque chose de foncièrement malsain que personne ne devrait accepter et que des impératifs de rentabilité personnelle ne saurait justifier. Les idées et valeurs à promouvoir devraient tourner essentiellement autour du respect du bien commun, du travail comme seul moyen licite pour créer de la richesse, de la solidarité comme principe pour accéder à un bonheur partagé. Le travail à abattre est immense et ardu et nécessite l'apport de tous. Contrairement à ce qu'annoncent certains de manière péremptoire, un état de grâce est plus que nécessaire pour les nouveaux dirigeants. Soyons honnêtes avec nous même et généreux envers les autres : la tâche  est énorme et la responsabilité immense. Nous ne devons pas avoir l'attitude  chasseurs embusqués , attendant la première occasion propice pour tirer sur une proie que l'on sait fragilisée au départ par l'inadéquation entre l'immense espoir du peuple sénégalais et l'absence de ressources suffisantes disponibles.  Tous nous devrons nous mettre à la tâche pour aider ceux en qui le peuple à fait confiance pour améliorer la vie de tous. Ne pas le faire, c'est trahir. Seulement le devoir de vigilance s'impose aussi à tous, afin de recarder toute velléité de dévier du droit chemin. Si nous réussissons ce pari nous commencerons une nouvelle ère, qui a coup sûr nous mettra sur les rails du développement et du mieux être. Puisse notre vœux qui ne se veut pas pieux, se réaliser et que les générations futures puissent un jour nous rendre grâce pour les actions que nous aurons mis en place pour leur donner une vie meilleure.    
 L'auteur  Jean François Diene
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Jean François Diene
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